Ce projet s'articule autour de l'inquisition au Moyen âge. L'idée m'est venue alors que je préparais un texte mis en scène pour une lecture lors d'une soirée dédiée à ces centaines de milliers de femmes massacrées parce qu'accusées de sorcellerie.
Catherine Peyretone, jeune femme ardéchoise, fût une de ces victimes, pour ne pas dire martyres; elle est venue à moi au cours de mes recherches; lors de mes insomnies dues à toutes les horreurs que je lisais dans les comptes rendus des "procès" de l'époque, le projet a pris forme car nous aurions tous et toutes pu être à la place de ces gens , victimes ou agresseurs, bourreaux, protecteurs, actifs, ou spectateurs.

Ce projet "Brûlures vives" dont le premier tableau "Catherine" est terminé, demande beaucoup de travail de recherche; assisté de L.T. je travaille à partir de récits authentiques....

 

Parce que les monstruosités existent bien encore, et pour longtemps, malheureusement, notre humanité en est garante ...

 

j'ai eu la chance de pouvoir montrer ce tableau au cour d'une soirée à La Cantada à Paris.

Je vous propose la captation vidéo ainsi que le texte.
Pour le reste, l'écriture est en cours.....

 

merci.

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"dès le matin du 12 octobre 1519 un grand bûcher fût élevé à la cime de la prairie communale de Montpezat où se tenaient les foires à bétails, à 30 pas d'une croix en pierre, près de l'établissement de l'école chrétienne.

A l'heure indiquée par le jugement, la prétendue sorcière fut amenée sur le lieu de l'exécution, pieds nus et la corde au cou, 

escortée par les soldats et les agents de l'autorité publique.

Elle était pâle et ses membres frémissaient de frayeur, d'inanition et de froid, tandis qu'une sueur glacée perlait sur son front livide.

Un murmure général annonçait l'impatience de voir brûler cette sorcière que le peuple croyait possédée de démon, d'après le bruit public et la décision infaillible des docteurs en théologie.

 

Aussi, ce fût avec une joie frénétique qu'il vit bientôt le feu s'allumer et cette malheureuse victime, défaillante d'émotion et de frayeur, se tordre et s'éteindre dans les flammes, après 6 semaines de cachot et de supplices, et 3 jours, attachée et exposée au pilier du Molus devant la chapellerie de Nuël "

 

Notes de Pierre Balmas, sergent de Montpezat, aux ordres des inquisiteurs en 1519.

 

 

Je m'appelle Catherine Peyretone

 

Vous m’avez condamné 

à brûler vive sur le bûcher

 

pourtant,

je n'ai rien fait, si ce n'est,

avoir une âme simple,

faible, malade d'épilepsie, 

et de somnambulisme que je ne savais pas.

 

Le 25 septembre 1519

le révérend Père Louis Briny

vicaire de la sainte Inquisition est venu me chercher, pour m'enfermer au fond des entrailles du château de Montpezat.

Ce jour là,

je su vraiment, où était l'enfer,

qui étaient les démons, les pervers, les monstres, qui était le diable !

 

Le 25 septembre 1519 et les jours d’après,

effrayée, 

j’ai avoué des méfaits diaboliques,

empêtrée dans cette naïveté

jusqu'à croire, que je pouvais trouver le pardon de Dieu,

en  m'accablant de ce que mes juges voulaient entendre.

Jetée pour des semaines

dans la terre humide et pourrie de ce cachot englouti dans les bas fond du château, 

sans lumière, sans air,

à peine nourrie, à peine vêtue

où la vermine, les rats, la peur, la douleur, le froid, la tristesse les plaies infectées et le désarroi se sont emparés de moi.

 

Mon purgatoire était réel !!

 

Mon geôlier, mon juge et les ecclésiastiques 

venus pour me violer, me traiter mal encore

furent mes seuls visiteurs ;

 

je pouvais voir le ciel et respirer de l’air, le jours des supplices innommables….

fouettée, piquée de toutes parts par des instruments pernicieux,

 

la mort elle même ne voulait pas de moi !

la mort elle même était de leur côté

se délectant de mes douleurs,

dansant, au rythme du cri de mes entrailles !

 

Alors je suis venue,

 

Au nom de mes soeurs de souffrance

Suppliciées par milliers

subissant l'estrapade, 

et d'autres manières

comme celles ou l’on entortillait la langue de certaines, pour la faire griller ensuite,

pendant que d'autres subissaient le "berceau de judas"

monstruosité que l’homme créa

démon le plus pervers que la terre est portée

le diable n'est pas en enfer non !! 

pas au fin fond de l'antre de la terre léché par les flammes !!

non !! les monstres sont ceux qui inventèrent ces berceaux de judas,

et autres outils sophistiqués

qui vous ouvrent le ventre en prenant bien soin de ne pas vous tuer !!!

les monstres sont les donneurs d’ordres et ceux qui obéirent !

 

Nous sommes des centaines de milliers

à errer près de vous cherchant la délivrance,

cherchant toutes les réponses,

nous pleurerons encore, nous pleurerons longtemps

regardant nos bourreaux traversant les âges

et éternellement

s’organiser à travers les siècles

à continuer d’inventer, sous des prétextes faussement mystiques, les moyens les plus pervers et les plus douloureux, afin de garder le pouvoir en érigeant la peur et la terreur, celle qui engendre la soumission,

en sublimant ce besoin que l’humain a, d’écraser son prochain par la domination !!

 

Personne ne me fera croire que c’est à cause d’Eve !!!

elle porte, les monstres, sans le savoir, 

par amour pour Dieu, , et leur donne la vie !

ils sacrifient leurs mères

au nom de pureté, 

celles qu’ils recherchent, 

peut-être

et qu’il ne trouveront jamais

 

pour les avoir, suppliciées

 

Et pour les suppliciées encore.